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LE COMTE DE GERCOURT A MADAME DE VOLANGES

Tout paraît, Madame, devoir être tranquille dans ce pays; et nous attendons, de jour en jour, la permission de rentrer en France. J'espère que vous ne douterez pas que je n'aie toujours le même empressement à m'y rendre, et à y former les nœuds qui doivent m'unir à vous et à Mademoiselle de Volanges. Cependant M. le Duc de *, mon cousin, et à qui vous savez que j'ai tant d'obligations, vient de me faire part de son rappel de Naples. Il me mande qu'il compte passer par Rome, et voir, dans sa route, la partie d'Italie qui lui reste à connaître. Il m'engage à l'accompagner dans ce voyage, qui sera environ de six semaines ou deux mois. Je ne vous cache pas qu'il me serait agréable de profiter de cette occasion; sentant bien qu'une fois marié, je prendrai difficilement le temps de faire d'autres absences que celles que mon service exigera. Peut-être aussi serait-il plus convenable d'attendre l'hiver pour ce mariage; puisque ce ne peut être qu'alors que tous mes parents seront rassemblés à Paris; et nommément M. le Marquis de * à qui je dois l'espoir de vous appartenir. Malgré ces considérations, mes projets à cet égard seront absolument subordonnés aux vôtres; et pour peu que vous préfériez vos premiers arrangements, je suis prêt à renoncer aux miens. Je vous prie seulement de me faire savoir le plus tôt possible vos intentions à ce sujet. J'attendrai votre réponse ici, et elle seule réglera ma conduite.

Je suis avec respect, Madame, et avec tous les sentiments qui conviennent à un fils, votre très humble, etc,

Le Comte de Gercourt.

Bastia, ce 10 octobre 17.